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La chasse à la sauvagine chez les indiens
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mimi33445
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Message Posté le : Jeu 7 Jan - 11:57 (2010)    Sujet du message : La chasse à la sauvagine chez les indiens Répondre en citant

Bien avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, les Amérindiens puisaient dans l'abondante ressource faunique de ce continent pour se nourrir, se vêtir, se confectionner des outils, des instruments et des parures. Les millénaires passés en symbiose avec la nature les ont amenés à développer des astuces et des techniques pour prendre efficacement le gibier. 
 
 
 
 
Les outardes (bernaches du Canada)
 Dessin : Étienne Geoffroy
 
 
 
De même, la proximité avec les animaux a inspiré leur imaginaire pour la création de récits fabuleux, de contes, de légendes, qui ont servi à transmettre les valeurs et les façons de faire de génération en génération.  autres, aux  
 
 
Depuis plusieurs millénaires, des populations amérindiennes ont occupé, de façon plus ou moins permanente, des territoires tout le long du fleuve Saint-Laurent de même que certaines îles qui s'y trouvent. Elles y pratiquaient couramment, il n’y a pas si longtemps encore, la chasse et la pêche de subsistance. Bien sûr, plusieurs de ces villages n’existent plus aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, leurs habitants avaient des activités qui ont laissé des traces.   
Qu’y faisaient-ils? Comment le faisaient-ils? Est-ce qu'ils consommaient, au temps jadis, du gibier d'eau comme certains le font encore aujourd’hui? Comment le savoir ? Pour remonter loin dans le passé, à défaut de documents écrits, certaines sources peuvent nous donner des informations sur ces sujets. Ce sont : la tradition orale, qui peut nous informer sur ce qui se perpétue, évolue ou se perd de génération en génération mais aussi l'archéologie qui nous renseigne grâce aux vestiges matériels.  
 
  
Chez les Cris de la Baie James la chasse à la bernache du Canada revêt depuis fort longtemps un caractère bien particulier surtout au printemps. En effet, cette chasse est très structurée. Bien que la chasse ne soit plus aujourd'hui une activité absolument nécessaire à la survie, le gibier occupe toujours une grande place dans l'alimentation des Cris et les habitudes de chasse traditionnelles viennent perpétuer un style d'apprentissage typiquement Cris et par le fait même valorise leur identité. 
 
 
Quand les oies apparaissent lors de la migration printanière Nord et lorsqu'elles retournent au Sud, des chasseurs cris les attendent avec impatience. Depuis peu, avec le développement de l'économie monétisée dans les établissements des Cris, il est à noter que les hommes quittent leurs emplois pour se joindre à la chasse même s'ils eussent pu acheter, avec les salaires qu'ils auraient gagnés, bien plus d'oies qu'ils n'en tueront chacun. Évidemment, même si l'oie rôtie est délicieuse, ce qui incite les hommes à la chasser n'est pas seulement le fait de manger de la bonne nourriture. Il y a aussi une composante mentale très puissante : un désir passionné de chasser. En d'autres termes, chasser une oie n'est pas une simple affaire de rationalité économique ni même un caprice de l'appétit. C'est une activité qui est au centre de la structure de pensée et d'émotion qui donne personnalité et cohérence à la vision du monde des Cris. 
 
 
La chasse printanière est particulièrement importante puisqu'ils se retrouvent entre eux. Ils peuvent alors pratiquer une chasse traditionnelle sans être distraits par la présence des chasseurs non-autochtones comme c'est le cas à l'automne. La période pour cette chasse s'échelonne de la troisième semaine d'avril à la mi-mai environ. 
 
 
Comme pour n'importe quelle activité cynégétique, la connaissance de l'environnement et du comportement des oiseaux est un élément essentiel pour avoir du succès. 
Ainsi, au printemps, des familles forment des clans et se retrouvent sur un territoire de chasse particulier. L'apprentissage de la chasse se fait au contact d'un " Chef des oies " généralement plus âgé, mais pas nécessairement puisqu'un jeune peut aussi occuper cette position s'il est reconnu pour ses compétences de bon chasseur. Son rôle consiste à guider les chasseurs sans pour autant user d'autorité. Il encouragera l'intuition des autres chasseurs et suggérera les tactiques de chasse. Cette façon de faire est toutefois bouleversée à l'automne puisque la présence des Blancs oblige souvent les chasseurs à gérer des pourvoiries, d'où la grande importance de la chasse printanière pour les Cris. 
 
 
L'apprentissage ne se fait pas qu'en posant des questions aux chasseurs plus expérimentés. Les nouveaux sont incorporés dans l'action. Ici, le silence est d'or. On parle peu. C'est au nouveau à percevoir les détails, à interpréter ses gestes, sa pensée, ses actions, sa parole, les sentiments qui lui permettront de s'incorporer au groupe. 
 
 
Les chasseurs entretiennent habituellement des terrains de chasse. Il peut s'agir de grandes mares qui sont aménagées à des endroits appropriés le long de la côte, là où les terres sont basses et facilement inondables. Lorsque la marée monte sur la côte, les oies s'en vont graduellement vers ces aires d'alimentation à l'intérieur des terres. Entretenir un secteur de chasse veut aussi dire s'abstenir de faire certaines choses, comme ne pas tirer après le coucher du soleil afin que les oies ne voient pas le feu du fusil, ce qui leur ferait quitter le secteur.  
 
 
 
 
Appelant de bernache cri en branchages. Photo : Collection Gene et Linda Kangas. 
 
 
De même, on ne doit jamais laisser partir au vent la plume d'une oie que l'on a plumée car si les autres oies les apercevaient, elles ne reviendraient plus. L'importance de la chasse à l'oie chez les Cris est particulièrement remarquable et est génératrice de rites fort intéressants. 
 
 
 
L'existence même de ces rites va de pair avec le développement concomitant de techniques de chasse et l'importance mythique accordée aux espèces. Ainsi, chez les Cris, en plus de la danse de l'oie, quatre autres aspects cérémoniels sont relatifs à la chasse à la bernache. Ces aspects sont la décoration de la première tête d'oie tuée par un jeune garçon (le crâne est dégarni puis rempli de duvet et dans les ouvertures sont fixés des grains ou des perles); la disposition des os de bernaches dans les arbres par respect pour les animaux, cette disposition étant aussi effectuée lors de la prise de la première oie par un jeune garçon; la confection du nesk-squiabii, une courroie en peau de cerf (deer), d'environ deux mètres de longueur, décorée au moyen de perles utilisées spécialement pour ramener ce gibier; les chants propres à chaque chasseur et qui tirent leur origine des rêves. Ajoutons à cela la conservation de la tête d'oie décorée et sa disposition sur la tombe du chasseur à sa mort, ainsi qu'un festin donné en l'honneur de la première bernache tuée par le jeune homme, et la liste des rites semble assez complète. 
 
 
Il y a peu de techniques de fabrication de caches. À certains endroits, on confectionne des caches individuelles faites de planchettes formant des paravents portatifs qui une fois disposés ont la forme d'un entonnoir. Ce type de cache permet au chasseur de mieux se camoufler dans les secteurs où il y a peu d'arbustes. 
 
 
Il peut aussi y appliquer de la neige comme camouflage. Il arrive que l'on utilise des appelants en bois que l'on dispose sur la berge ou dans l'eau après avoir brisé la glace. Pour ce qui est de l'utilisation des appelants par les Amérindiens, mentionnons que cette pratique, quoique présente un peu partout en territoires autochtones, est variable. 
 
 
Fait intéressant à noter, une douzaine d'appelants très anciens, représentant des morillons à dos blancs, ont été retrouvés dans la caverne Lovelock au Névada en 1924. Ces imitations de canards étaient faites de roseaux tressés et reliés avec des fibres végétales. La forme particulièrement aplatie de la tête du morillon fut rendue de façon fort réaliste par l'auteur qui avait sculpté le jonc. Des plumes blanches avaient aussi été ajoutées sur les flancs des oiseaux pour reproduire cette autre caractéristique du morillon à dos blanc. La tête rousse et les parties noires ont été teintes à l'aide de pigments végétaux. L'ensemble respectait exactement les dimensions de l'espèce concernée. Ces appelants pourraient avoir entre 600 et 2.000 ans, peut être plus, mais rien de plus précis n'a encore été avancé. Ce sont, pour le moment, les plus anciens connus en Amérique du Nord. Leur rareté vient sans doute du fait que les matériaux utilisés pour la fabrication de ces objets étaient fragiles et ne pouvaient se conserver très longtemps s'ils n'étaient pas gardés dans des conditions idéales. Toutefois, il est intéressant de constater que certaines techniques traditionnelles de fabrication d'appelants sont encore utilisées de nos jours par les Amérindiens. Mais il arrive souvent que l'on n'apporte pas d'appelants avec soi. Ceux-ci peuvent aussi être rapidement faits sur place avec des bouts de tissus qui sont rembourrés avec du lichen pour donner de la rondeur au corps. Un bout de bois autour duquel on a enroulé une lanière de tissus blanc est piqué au sol et tient lieu de tête.

La chasse aux petites oies bleues et aux petites oies blanches est aussi pratiquée par les Cris et par certains Blancs qui se rendent chasser sur ces territoires à l'automne. Au Québec, la principale aire de repos automnale de ces oies se trouve dans les environs de la baie de Rupert, au sud-est de la baie James.
 
 
 
 
 
 
Fusils de calibre 12.  

1. Fusil à un coup
2. Fusil à mécanisme coulissant (" " pump gun ")
3. Fusil à canons juxtaposés
4. Fusil à canons superposés
5. Fusil à mécanisme semi-automatique.
 
 
 
En tenant compte de la direction du vent et du fait qu'un oiseau atterrit toujours la face au vent, on disposera les appelants de telle sorte que les oies passeront devant les chasseurs ou au-dessus d'eux, à portée de tir. Étant donné la simplicité de la cache, on est à l'affût très rapidement. On s'installe alors à genoux. Le costume est assez rudimentaire: bottes de caoutchouc de type cuissardes, coupe-vent vert, à motif de camouflage ou sombre et casquette appareillée. Les fusils de calibre 12, à mécanisme coulissant et semi-automatique, sont les armes préférées. Ces Amérindiens sont vraiment d'excellents chasseurs et il est plutôt rare qu'ils manquent leur coup de fusil. 
 
 
Dès leur plus jeune âge, les Cris assimilent l'appel des oies comme un second langage. À ce moment, ils disent qu'ils " parlent aux oies ". Ce rituel se poursuit depuis des siècles et c'est de toute beauté de les entendre " parler " aux oies. Encore aujourd'hui, la tradition de la chasse printanière à l'oie se perpétue. Il s'agit toujours d'un rituel très important pour les Cris et les règles traditionnelles sont respectées. Les décisions concernant la chasse sont encore prises journellement en se basant sur beaucoup de facteurs, qui exigent une connaissance profonde de l'environnement. Ils entretiennent toujours leurs territoires de chasse et depuis quelques années ils ont mis l'accent sur la création d'habitats de qualité pour la sauvagine. Les horaires scolaires sont même faits en fonction de la chasse. Les enfants peuvent alors accompagner leurs parents dans les camps traditionnels du printemps et de l'automne pour cette occasion de fête et de ressourcement spirituel. 
 
 
S'il est un sujet difficile à documenter, c'est bien celui qui concerne les techniques de chasse à la sauvagine par les groupes amérindiens ayant fréquenté la vallée du Saint-Laurent et la Côte-Nord avant l'arrivée des Européens. 


En fait, les artefacts retrouvés sur les différents sites de fouilles archéologiques ne fournissent pas de pistes précises en ce sens. Une pointe de flèche retrouvée au cap Tourmente ou ailleurs peut éventuellement avoir servi à chasser le gibier d'eau mais rien n'est moins sûr. De plus, la documentation sur les techniques de chasse à la sauvagine chez les Amérindiens de l'est du pays est plutôt fragmentaire. Les Iroquoïens de la vallée du Saint-Laurent étant disparus depuis longtemps, cela oblige à établir des corrélations avec des époques postérieures ou avec d'autres populations.  
 
 
 
 
 
Malgré son extravagance, ce dessin, de l'anglais William Drake, datant de la fin XVIIe siècle, nous montre la technique de chasse au javelot utilisée par des habitants de la Baie d'Hudson.  
 
 
 
La mouvance des peuples autochtones et le fait qu'ils entretenaient des relations commerciales et politiques entre eux est chose reconnue. Les différents peuples ayant occupé l'espace québécois avaient certes des traits culturels propres, mais souvent ils avaient des modes de vie apparentés. Les contacts entre les divers groupes appartenant ou non à la même famille et fréquentant des territoires de chasse différents ont sans aucun doute contribué aux échanges culturels en ce qui concerne les techniques et les armes de chasse. Mentionnons, à titre d'exemple, l'utilisation de la bola, par les Inuits et les Cris du nord québécois. Cette arme de chasse, faite d'une poignée à laquelle sont habituellement fixés des lacets de cuir au bout desquels sont attachées des poids en os de baleine, en pierre ou autre, est encore en usage chez les Inuits. On la fait tournoyer et on la lance sur les oiseaux afin qu'elle s'entoure autour de leur cou. Le poids les empêchant de voler, on peut alors achever les oiseaux avec un arme ou les assommer à l'aide d'un bâton. 
 
 
Avant l'introduction des fusils, il va de soi que l'arc et les flèches devaient aussi être couramment utilisés. Il faut aussi penser, que les oiseaux gibiers étaient beaucoup moins farouches avant que l'on utilise les armes à feu. La pression de chasse était aussi moins forte. N'empêche qu'il fallait bien connaître son gibier et avoir beaucoup d'adresse pour bénéficier d'une chasse fructueuse. On utilisait aussi des propulsions de javelots (cela se fait encore), qui pouvaient être lancés à partir du kayak dont on se servait pour approcher les oiseaux. Il arrivait aussi que l'on prenne la sauvagine au filet. 
 
 
Une informatrice montagnaise de Mashteuiatsh (Pointe-Bleue) au Lac Saint-Jean, dit que son grand-père chassait la sauvagine à bord d'un canot camouflé avec des branches de sapin ou d'épinette. Il faisait ensuite dériver ou dirigeait silencieusement son embarcation vers les oiseaux, surtout des outardes (bernaches du Canada), et lorsqu'il était à bonne portée de fusil il les abattait. D'ailleurs, Napoléon Comeau, qui est cité par différents auteurs, donne une description fort intéressante de ce type de chasse pratiquée par les Montagnais de la Côte-Nord : 
 
 
" La méthode favorite des Indiens de chasser la macreuse est de s'embusquer à bord d'un canot, derrière un paravent de coton ou de branches de sapin. Dans ce cas-ci, ils couvrent l'avant du canot de branches de sapin qu'ils lient solidement avec une bonne ficelle (...) Le tout forme un écran de deux pieds et demie de largeur s(...) celui-ci se trouve appuyé sur les plats-bords du canot. On laisse une petite ouverture à l'endroit le plus propice, pour l'observation seulement, le coup de feu se faisant par-dessus le paravent. " 
 
 
L'on se mettait aussi à l'affût dans des endroits stratégiques, dans de petites baies ou sur une île où l'on se tenait caché dans la végétation. On appelait alors les oiseaux sans se servir d'appelants 
 
 
Dans la région de Mingan, sur la moyenne Côte-Nord, les Montagnais pratiquaient couramment la chasse à la sauvagine. Plusieurs espèces migratrices y étaient chassées. Ces chasses s'effectuaient, entre autres, dans les îles en face de Mingan. 
 
 
Durant la décennie de 1850, de la fin avril à la fin mai, la majorité des Montagnais profitaient de la période de migration de la faune ailée. Ils se rendaient dans les îles de l'archipel le long du littoral afin de faire la chasse aux canards et aux oies et cueillir des oeufs. 
 
 
La fonction principale de ces chasses était la quête de nourriture: les Indiens se préparent à partir pour l'île où ils vivront de canards et d'oies pendant les deux prochains mois... Leur déroulement n'avait rien de systématique. Les retours au poste [de la compagnie de la Baie d'Hudson] étaient fréquents sauf pour ceux se rendant dans les îles plus éloignées. Les Montagnais échangeaient des volatiles, des oeufs et du duvet. 
On chassait au fusil.A cette époque une chasse automnale aux oiseaux migrateurs était aussi pratiquée. Elle était cependant de moindre importance puisque cette période coïncidait avec l' amorce de la saison des déplacements vers les territoires hivernaux de chasse. 
 
 
 
 
Cette cache faite d'épinette, de sapin, de branchages, etc. dont on se sert pour chasser la sauvagine sur le rivage du fleuve ou ailleurs, procure un excellent camouflage au chasseur. 
 
 
C'est généralement vers le début du mois de mai qu'arrivent les bernaches dans cette région et leur séjour dure environ trois semaines. Ces oiseaux migrateurs venaient, jusqu'à il y a environ une quarantaine d'années, en tête des activités d'exploitation de la ressource cynégétique sur la côte. Les périodes de chasse sont toujours dictées par les marées, comme c'est le cas dans le moyen estuaire, et l'on retrouve encore des sites de chasse sur les îles de l'archipel. 
 
 
Le voyage depuis la berge, qui se faisait en canot, se fait maintenant en chaloupe à moteur. Encore aujourd'hui, les chasseurs se dissimulent derrière des rochers qui se trouvent sur la batture entre les îles et la rive, à marée basse. Les outardes et les canards sont aussi chassés sur la côte, mais on utilise maintenant des affûts fixes faits de branches de sapin. 
Chez les Montagnais de Unaman-shipit (La Romaine), on pratique aussi la chasse printanière à la sauvagine . Les gibiers préférés sont la bernache et le canard noir parce qu'ils sont plus gros et qu'on apprécie davantage leur chair. 
 
 
Cette chasse se fait à partir de la fin d'avril et du début du mois de mai ou dès que le gibier est disponible. Certains chasseurs vont chasser, vêtus de blanc, à bord de chaloupes à moteur camouflées en blanc pour se confondre avec les glaces . Mais les Innus n'aimant pas la mer, on chasse plutôt sur les rives du fleuve, dans des affûts en branches de sapin, selon les marées. Un bon vent d'ouest rend la chasse encore meilleure. La chasse se fait aussi dans les baies et à l'embouchure des rivières et dans les étangs de l'arrière-pays. On emploie aussi, pour leurrer le gibier, des appelants en plastique que l'on nomme « tôleuses ». Vers la mi-mai, quant les bernaches sont parties pour le nord et que les canards noirs se font plus rares, on ira, en chaloupe à moteur, chasser l'eider à duvet que l'on nomme communément le « moyac ». En fait, on chasse une assez grande variété d'oiseaux migrateurs que l'on récolte selon les rencontres. Ce sont les hommes qui vont à la chasse de même que les jeunes adolescents qui eux chassent principalement dans la plaine, autour des petits lacs près du village. L'arme utilisée est généralement le fusil de calibre 12. Les femmes, elles, s'occupent des enfants, font les tâches ménagères, arrangent le gibier après la chasse et font la cuisine. Les Innus aiment aussi faire la cueillette des oeufs de l'eider à duvet dont ils font des omelettes. 
 
 
 
 
 
L'eider à duvet, communément appelé " Moyac " par les Montagnais.
Dessin : Étienne Geoffroy.
 
 
 
La chasse automnale à la sauvagine est courante aujourd'hui à cause de la sédentarisation de la population. Peu de familles partent maintenant en forêt dans les territoires de chasse hivernaux. Elle débute donc au mois d'août et se poursuit selon la présence du gibier souvent jusqu'aux glaces. Les techniques de chasse sont semblables à celles du printemps. 
 
 
Le gibier est consommé rôti, souvent dans le saindoux, ou bouilli. L'oiseau est plumé mais on lui laisse la peau sous laquelle se trouve le gras. C'est le même procédé lorsqu'on le bout. La graisse peut aussi être récupérée lors de la cuisson et servir dans l'alimentation. L'oie rôtie au four est aussi fort populaire maintenant. 
 
 
La consommation du gibier est encore l'occasion de réjouissances. C'est ainsi que pour Noël, au Jour de l'an, à Pâques, ou le jour de la fête de Sainte-Anne, on fera le « Makusham » (fête communautaire) pour toute la famille, pour les amis ou pour tout le village. 
 
 
La meilleure façon de conserver le gibier consisterait à le congeler en entier sans le vider ni le plumer. Lorsqu'on le congèle sans les plumes, surtout dans nos congélateurs modernes, après un certain temps la viande se dessèche et est moins bonne. 
 
 
Chasse nocture 
 
 
Une chasse nocturne aux oiseaux migrateurs fut aussi pratiqué jadis. On dit que les Micmacs pratiquaient ce type de chasse en s'éclairant d'une torche afin de capturer des bernaches du Canada. Une description fort intéressante de cette technique de chasse nous est d'ailleurs relatée dès le XVIIe siècle par le voyageur Nicolas Denys. 
 
 
"Les Sauvages (sic) allaient deux ou trois dans un canot avec des torches qu'ils faisaient d'écorce de bouleau qui flamboient plus clair que les flambeaux de cire estans au lieu où sont tous les oiseaux ils se couchoient dans le canot qu'ils laissoient aller à la dérive sans paroistre; la marée les portait droit au milieu de tous ces oiseaux qui n'en ont point de peur, s'imaginant estre quelque pièce de bois que la mer transporte d'un costé et d'autre comme cela arrive souvent, ce qu'ils y sont accoûtumez, lors que les Sauvages estaient au milieu d'eux, ils allumaient leurs flambeaux qu'un sauvage tenait en s'approchant toujours du feu et si proche qu'avec un baston que les Sauvages tenoient ils les assommaient en passant (...) en sorte qu'en une nuit, ils emplissoient leur canot." 
 
 
Outre la bernache, les Micmacs chassaient plusieurs autres espèces d'oiseaux migrateurs dont la bernache cravant et différentes espèces de canards. De même, ils récoltaient aussi les oeufs des goélands, des grands hérons et autres oiseaux de rivage. 
 


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Message Posté le : Jeu 7 Jan - 11:57 (2010)    Sujet du message : Publicité

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