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Saint Jean de Luz
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mimi33445
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Message Posté le : Jeu 28 Jan - 18:56 (2010)    Sujet du message : Saint Jean de Luz Répondre en citant

Les armoiries de Saint Jean de Luz 
 
 
Coupé au I d'azur au vaisseau équipé de sable, voguant à pleines voiles d'argent sur une onde de même, la coque du vaisseau de sable brochant l'onde ; au II, de gueules au lion d'or couronné d'une couronne de vicomte du même ; parti d'azur à une crosse épiscopale d'argent posée en pal.  
 
 
Ces armes parlantes adoptées au début de l'année 1992 évoquent le passé de Saint-Jean-de-Luz :  
 
  • le navire trois-mâts sur fond bleu à la coque noire et aux gréements de même couleur, voguant à pleines voiles blanches, rappelle l'activité maritime qui fit la richesse de la ville à partir du XVe siècle. 
  • le lion d'or sur fond rouge, coiffé d'une couronne de vicomte, et la crosse episcopale évoquent quatre siècles de l'histoire de la ville : la baronnie de Saint-Jean-de-Luz, possession du vicomte du Labourd, fut donnée en 1160 au chapitre des chanoines de Bayonne ; en 1570 la ville racheta son indépendance, le titre de baron étant dès lors porté par le maire (ou bayle). 
 
 
 
 
 
Des origines au XVIème siècle 
 
 
l faut attendre le XIIe siècle pour avoir des actes authentiques concernant Saint-Jean-de-Luz, mais le site était habité dès le Paléolithique.  
 
 
Les premiers habitants sédentaires, peut-être des Ibères, se groupèrent d’abord sur les hauteurs d’Acots et de Bordagain, baignées à marée haute par les eaux de l’embouchure de la Nivelle, beaucoup plus vaste que de nos jours, bourbeuse à marée basse. Quelques temps plus tard, au bord de la baie bien protégée des vents du large et de la houle par des falaises et une dune côtière, les hommes s’installèrent, malgré les marécages. Ce furent ces marécages qui donnèrent à Saint-Jean-de-Luz son nom basque « Lohizune ou Lohitzun » ( lieu boueux ).  
 
 
 
 
 
Vue sur la baie de St jean de Luz autrefois 
 
 
Ni l’occupation romaine pourtant présente dans la région pendant quatre siècles avec le camp fortifié de Lapurdum (Bayonne), ni les hordes de barbares qui y déferlèrent ne troublèrent la vie paisible de cette population de pêcheurs et de pasteurs.  
 
 
Vers 581 les Vascons quittèrent les plaines de l’Ebre et par migrations successives, mais pacifiques, se répandirent dans le pays. Créé en 682 le duché de Vasconie devint en 884 duché de Gascogne avant d’être incorporé à l’Aquitaine au IXe siècle, mais les Vascons se révoltèrent plusieurs fois contre les Mérovingiens et les Carolingiens.  
 
 
Vers 1020 le duc de Gascogne remit Lapurdum au roi de Navarre qui l’érigea en Vicomté pour un de ses parents. Devenu Vicomte du Labourd, Loup-Sanche fonda la baronnie et la paroisse de Saint-Jean à Lohitzun en 1023. L’un de ses successeurs Bertrand l’offrit en 1160, avec tous les droits seigneuriaux, au chapitre de Bayonne qui en resta le suzerain baron jusqu’en 1570.  
 
 
En 1186 dans le cartulaire de Bayonne il est fait mention de la paroisse de « Sanctus Johannes de Luis », en 1414 elle est appelée dans une charte écrite en gascon « Sent- Johan de Lohitz ». A cette époque la ville était comme toute l’Aquitaine possession anglaise depuis 1152. Située à quelques lieues de l’Espagne elle fut assiégée, pillée et son église incendiée lors des conflits qui pendant la guerre de Cent Ans opposèrent Navarrais et Castillans, alliés des Anglais, aux Français. 
 
 
Redevenu français en 1451, le Labourd connut quelques années de paix. En 1463, Louis XI, choisi comme médiateur par les rois de Castille et d’Aragon pour régler un différend au sujet de la Navarre, vint à « Sainct Johan de Luz » rencontrer le roi de Castille. L’entrevue qui eut lieu au château d’Urtubie ne résolut pas la question navarraise, mais la visite royale fut bénéfique pour la ville : Louis XI lui accorda pour neuf ans des lettres patentes l’exemptant du droit d’entrée des marchandises arrivant par terre et par mer. Tous les rois de France jusqu’à la Révolution renouvelèrent ces lettres patentes. 
 
 
 Louis XII, venu lui aussi à Urtubie rencontrer le roi d’Aragon qui avait annexé la Navarre, affranchit les Luziens « de tout droit par tout le royaume de leurs marchandises et autres leur appartenant ». Henri II leur donna « la permission de vendre leurs pêches de morues et autres par tous les ports y compris les huiles de morues ».  
 
 
 
 
Chateau d'Uturbie 
 
 
La cité méritait bien ces faveurs royales pour relancer son commerce et faciliter des reconstructions ! Dès la fin du quinzième siècle la guerre avait repris entre la France et l’Espagne ; en 1512, 1523 et 1542 les troupes espagnoles s’étaient répandues dans le Labourd pillant et brûlant au passage des maisons d’Urrugne, de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz. En août 1558 les Espagnols avaient incendié la ville après l’avoir mise à sac pendant neuf jours. Seules la maison « Esquerenea » et les bases de l’église échappèrent aux flammes.  
 
 
 
 
 
La paix signée en 1559 permit à la ville de panser ses plaies. Charles IX , qui y résida du 3 au 11 juillet 1565 pour rencontrer sa sœur la reine d’Espagne, offrit 18000 livres pour la reconstruction du quai et du pont sur la Nivelle. Malgré les évènements dramatiques l’activité du port et les expéditions maritimes n’avaient jamais cessé. En poursuivant les baleines jusqu’en Islande, Terre Neuve, le Labrador et jusqu’au Spitzberg, les marins basques avaient découvert d’immenses bancs de morues. En 1578 Saint-Jean-de-Luz armait de cinquante à quatre-vingts navires baleiniers ou terre-neuviers (sans compter ceux affectés au cabotage et à la petite pêche). Trois mille marins étaient dénombrés. Des chantiers pour la construction des navires avaient été créés, le commerce d’accessoires de pêche était florissant. Cette embellie économique permit à la ville de racheter son indépendance, pour 2000 livres, aux chanoines du chapitre de Bayonne. Des lettres patentes de Charles IX ayant modifié, en 1567 et en 1574, l’organisation de l’administration de la cité, Saint-Jean-de-Luz fut désormais gérée par un bayle et trois jurats. 
 
 
 
Le XVIIème siècle, l'age d'or de la cité 
 
Le XVIIe siècle qui fut l’âge d’or de la ville commença fort mal. La prospérité de la cité avait attiré plusieurs ethnies : Juifs et Morisques expulsés d’Espagne et du Portugal, bohémiens, cagots, qu’on prétendait descendants des lépreux et considérés comme des intouchables que l’on cantonnait dans les métiers du bois. D’étranges rumeurs couraient sur le comportement de ces « étrangers », mais aussi sur la façon de vivre des femmes pendant que les hommes étaient en mer, et des « cascarotes », cartomanciennes, guérisseuses, aux mœurs très libres pour l’époque. De suspicions en suspicions on parla de sorcellerie. En 1609 Henri IV envoya une commission d’enquête dirigée par le conseiller de Lancre. La chasse aux sorcières fut terrible. De Lancre envoya au bûcher, après les avoir torturés, des femmes, mais aussi des enfants et même des prêtres. Alertés des sévices faits à leurs femmes les marins revinrent de Terre Neuve pour les défendre. Craignant une émeute le Parlement de Bordeaux rappela de Lancre.  
 
 
Un autre sujet d’inquiétude pour les édiles était l’hostilité existant depuis longtemps entre Saint-Jean-de-Luz et Ciboure devenue indépendante de la commune d’Urrugne en 1603 : « La plus petite occasion allumait leur haine réciproque, on en venait aux voies de fait ». Pour essayer d’apaiser les rivalités entre les deux communautés leurs bayles firent appel à des religieux, les Récollets, qui s’installèrent en 1611 dans un couvent construit dans l’île séparant les deux cités.  
 
 
Mais la plus grande préoccupation en ce début de XVIIe siècle était l’exiguïté du port : les navires avaient de grosses difficultés pour rentrer dans la rade. Dès le XVIe siècle des travaux avaient été entrepris pour améliorer les conditions de réception des bateaux. 
 
 
En 1621, le creusement du port de Socoa, dominé par un fort, était terminé. Pouvant abriter de quarante à cinquante bâtiments il s’avéra vite insuffisant pour accueillir la flotte de la baie, les morutiers et les gros baleiniers, dont certains jaugeaient jusqu’à 400 tonneaux, mais aussi les plus petits bâtiments comme les double- chaloupes et les pinasses, construites spécialement à Saint-Jean-de-Luz.  
 
 
 
 
Fort et port de Socoa 
 
 
En 1627 quinze de ces pinasses, et vingt- six flûtes chargées de vivres et de munitions, « battant pavillon rouge et noir aux armes de la ville », partirent sous les ordres du capitaine d’Ibaignette, secourir les soldats français assiégés dans l’île de Ré par les Anglais. Louis XIII remercia le bayle et les habitants « de l’envoi si efficace de leurs pinasses et mariniers » et anoblit Joannot de Haraneder, riche armateur, qui avait armé gratuitement deux navires.  
 
 
Les hostilités reprirent en 1635 entre la France et l’Espagne. Les Espagnols occupèrent Saint-Jean-de-Luz pendant un an. Ne pouvant pratiquer sans risque leurs activités halieutiques, les Luziens firent la « guerre de course », que plusieurs ordonnances royales réglementaient depuis François 1er et Henri II. Les navires baleiniers et morutiers, furent armés de canons et de pierriers, d’autres bâtiments plus rapides furent spécialement construits pour la course dans les chantiers de la ville. Le succès de ces expéditions, souvent très lucratives, dépendait en grande partie des capitaines. Plusieurs rues de Saint-Jean-de-Luz portent les noms de ces hommes, qui aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, firent sa renommée et sa richesse et la firent connaître sous le nom de « cité des corsaires ». A la fin du XVIIe siècle le nombre de vaisseaux capturés était si important que le duc de Gramont écrivit à Louis XIV que « sa Majesté pourrait aller de Saint-Jean-de-Luz à Ciboure, sans se mouiller les pieds en empruntant les ponts des bateaux pris à l’ennemi ».  
 
 
Enrichis par leur négoce et par les profits de la course, les armateurs, bourgeois opulents, qui dans leur jeunesse furent souvent capitaines de bateaux, les Haraneder, Lohobiague, Chibau, de Casabielle, Dolabarats, Duconte, Hayet, Saint-Martin, Leremboure entre autres, tous plus ou moins parents, bayles à tour de rôle, firent ériger de vastes demeures. Les deux plus belles, « Lohobiaguenea », maison à tourelles édifiée vers 1644 par Joannis de Lohobiague, et « Joanoenea », bâtie avant 1640 par Joannot de Haraneder, dont les deux élégantes façades se mirent dans les eaux du port, eurent l’honneur d’accueillir Louis XIV, sa mère et l’infante en 1660. On les appelle, depuis cette époque, « Maison Louis XIV » et « Maison de l’Infante » ». En 1657 l’hôtel de ville fut construit sur la place à côté de « Lohobiaguenea ».  
 
 
 
 
La maison de Louis XIV 
 
 
 
 
La maison de l'Infante 
 
 
La population ayant beaucoup augmenté l’église trop petite fut agrandie. Le chantier débuta sans doute au début de 1635 et fut plusieurs fois interrompu faute de ressources malgré les dons de Luziens fortunés.  
De juillet à novembre 1659, Mazarin résida à Saint-Jean-de-Luz pendant les conférences franco-espagnoles, tenues dans une île de la Bidassoa,(ile des Faisans) qui devaient aboutir au traité des Pyrénées et au mariage de Louis XIV avec l’Infante Marie Thérèse. 
 
 
 
 
ile des Faisans 
 
  
1660 fut l’année faste de la ville : le Roi, sa famille, la cour, et les personnes qui les accompagnaient, y séjournèrent du 8 mai au 15 juin. La cérémonie du mariage fut célébrée le 9 juin dans une église dont les travaux de réfection étaient arrêtés depuis 1652. La porte par laquelle passa le couple royal ne fut murée qu’en 1666 à la reprise de ces travaux.  
 
 
 
 
Eglise de Saint Jean de Luz 
 
 
Décadence au XVIIIème et prmière moitié du XIXème siècle 
 
 
« Née de la mer, vivant de la mer », Saint-Jean-de-Luz « faillit mourir de la mer ». Les tempêtes équinoxiales et hivernales ayant progressivement érodé leurs bases, les falaises et la dune qui protégeaient la baie commencèrent à s’effriter à la fin du XVIIe siècle. Vers 1670 les vagues déferlèrent sur le quartier de la Barre, bâti au bord de l’océan, endommageant et détruisant les maisons. Les ravages de l’océan étant de plus en plus fréquents, la construction d’un mur de garantie fut décidé en 1707. Il céda en 1749 : sept maisons furent emportées, cent quatre-vingts endommagées. Au printemps de 1782 « un ouragan terrible » détruisit le couvent des Ursulines, bâti en 1639 près de l’embouchure de la Nivelle, quarante maisons et plusieurs puits. L’océan avançait inexorablement en moyenne de 1m, à 1,10 m par an. Pour sauver la ville, « de plus en plus menacée d’une destruction inévitable », on commença à mettre à exécution un projet conçu par Vauban en 1786. Les travaux furent arrêtés au début de la Révolution.  
 
A cette calamité naturelle s’ajouta le déclin de la pêche. La réquisition des jeunes hommes, enrôlés pendant les guerres dans la flotte de l’Etat, empêcha les armateurs de constituer des équipages, des zones de pêche furent abandonnées aux traités d’Utrecht, d’Aix-la-chapelle et de Paris. La raréfaction des baleines, la concurrence des pêcheurs hollandais et anglais finirent de ruiner la cité qui, à partir de 1756, n’arma plus de baleiniers.  
 
Mais, dans la seconde moitié du siècle, la pêche de la sardine permit de relancer l’activité du port et d’installer des manufactures de salaison.  
De 12000 âmes, vers 1660, la population avait chuté, passant à moins de 3000 en 1774.  
 
Le XVIIIe siècle fut une époque glorieuse pour les corsaires luziens : Darganaraitz, Ducasse, Harismendy, Larreguy, Dalbarade (ministre de la Marine en 1794), Dufourcq, Sépé et Sopite (qui à eux trois capturèrent soixante-six vaisseaux ennemis et en rançonnèrent une douzaine). Quelques années plus tard, pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire, s’illustrèrent les capitaines Garat, Etchebaster, Dermit, Pellot, surnommé « Monvieux », mais aussi « le renard basque », deux fois prisonnier des Anglais, qui mourut en 1856, l’année de l’abolition de la guerre de course.  
 
 
En 1793 la France ayant déclaré la guerre à l’Espagne, des combats meurtriers opposèrent dans le Labourd l’armée de la Convention à une très forte armée espagnole. Après plusieurs revers les Français battirent les Espagnols à la Croix des Bouquets (Urrugne), le 17 pluviôse An II (Pendant plusieurs année une place de la ville fut appelée Place du 17 Pluviôse ; depuis 1930 une rue continue à rappeler le souvenir de cette victoire).  
 
 
La fièvre révolutionnaire avait gagné Saint-Jean-de-Luz. Les Ursulines furent expulsées ainsi que les religieux des Récollets qui avaient refusé de prêter le serment prévu par la Constitution civile du clergé ; les couvents devinrent des casernes. Les prêtres réfractaires bien que soutenus par une majorité de la population émigrèrent. Le premier prêtre constitutionnel l’abbé Pierre Fonrouge fut nommé curé des églises de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure. Il exerça son ministère peu de temps, les édifices religieux ayant été transformés en hôpitaux militaires. En 1794 la guillotine installée dans la venelle séparant la « Maison Louis XIV » et l’Hôtel de ville fonctionna huit fois. Parmi les victimes il y eut une femme originaire de Sare, accusée d’être allée en Espagne recevoir les sacrements. 
 
 
En novembre 1793 Saint-Jean-de-Luz et Ciboure réunies reçurent le nom de « Chauvin-Dragon » pour honorer la mémoire du dragon Chauvin mort au cours d’un combat sur la route de Sare. Bien que le nom de « Chauvin Dragon » ne fût plus utilisé à partir de 1795, l’union entre les deux villes ne cessa officiellement qu’en 1800.  
 
 
De 1795 à 1808 les Luziens, qui en 1804 avaient plébiscité l’Empire, vécurent dans une paix relative, malgré la conscription qui n’épargnait aucun homme de 20 à 25 ans. Pendant qu’il séjournait à Bayonne, du 14 avril au 18 juillet 1808, pour y rencontrer le roi d’Espagne et son fils, Napoléon 1er vint trois fois à Saint-Jean-de-Luz inspecter la rade où il désirait créer un port militaire.  
 
 
La nomination de Joseph Bonaparte au trône d’Espagne ayant suscité l’insurrection des Espagnols, la ville vit passer les troupes françaises allant ou revenant d’Espagne, les blessés, les prisonniers, qu’il fallait loger. En 1813, chassé d’Espagne, Joseph se réfugia à Saint-Jean-de-Luz tandis que le maréchal Soult établissait son quartier général à « Goritienea », en face de l’église, chez le maire, l’armateur Joachim Labrouche. Vaincus, après de violents combats, les Français se replièrent sur Bayonne tandis que le duc de Wellington s’installait à « Granga Baita », maison située à l’angle de l’actuelle rue Mazarin et de la rue de la Baleine. Arrivé dans les fourgons de l’ennemi le duc d’Angoulême, neveu du roi Louis XVIII, reçu par le nouveau maire et ovationné par la population, promit d’indemniser des frais de guerre « la première ville ralliée aux Bourbons ». Malgré plusieurs déplacements du maire à Paris, et plusieurs suppliques, cette promesse ne fut pas tenue.  
 
 
La lutte contre l’océan reprit en1819. En 1822 une tempête qui dura huit jours fit dans « le gigantesque rempart » récemment construit une ouverture de cent sept mètres . En 1829 le seuil de garantie, à peine réparé, subit à nouveau la fureur des flots tandis que les sables et les galets bouchaient le chenal, obstruaient l’entrée du port. De 1836 à 1840 un nouveau seuil de garantie fut construit. Seule la partie sud-ouest du quartier de la Barre existe encore de nos jours.  
 
 
De la seconde moitié du XIXème à nos jours 
 
L’octroi étant la principale ressource de la ville, la municipalité décida, en 1843, de suivre l’exemple des communes voisines et de « former un établissement de bains pour attirer les étrangers » Des baraques furent établies sur une plage « où les Luziens se baignaient depuis des temps immémoriaux », à l’abri du promontoire de Sainte-Barbe. Cette décision allait relancer l’économie mais aussi modifier profondément la ville et la vie des Luziens.  
 
 
 
 
 
Le nombre des « baigneurs » attirés par la modicité des prix, augmenta régulièrement chaque année. En 1856, « une jolie maison de bains chauds avec salon de lecture » fut construite pour accueillir et fidéliser cette « clientèle bourgeoise de fortune modeste », à laquelle la ville devait une nouvelle prospérité. La fermeture de la rade, commencée à la fin du règne de Napoléon III, modifiant les courants marins, l’établissement fut détruit et reconstruit, en 1880, à proximité de l’hôpital, plus près du centre ville. Un bâtiment de bains chauds et d’hydrothérapie aménagé à proximité compléta le nouvel établissement de bains en 1882. En septembre 1883 le grand duc Paul de Russie réserva plusieurs cabines pour prendre « quelques bains de mer » avec sa suite. Beaucoup d’autres membres du Gotha l’imitèrent. Classée en 1912 « station balnéaire et climatique », Saint-Jean-de-Luz devint une station à la mode, fréquentée, de 1880 à 1939, par une riche clientèle cosmopolite et aristocratique qu’il fallut penser à divertir autrement que par la lecture et les bals sur la place Louis XIV. Deux casinos furent édifiés de 1881 à 1885 : le « Grand casino », Boulevard Thiers, qui ferma dès 1895, et le « Petit casino » appelé aussi de « la Plage ». Les jeux autorisés en 1907 furent transférés au Casino municipal, à « la Pergola », petite construction en bois ajoutée au-dessus de l’établissement de bains. En 1892 un golf avait été aménagé sur les falaises de Sainte-Barbe pour les Anglais, très nombreux, été comme hiver. Il ferma en 1917. Deux autres golfs furent ensuite créés en 1908 et 1928.  
 
 
 
 
Pointe Sainte Barbe 
 
 
En une cinquantaine d’années, la ville, dont la population avait doublé, avait beaucoup changé. Un quartier commerçant dont toutes les rues convergeaient vers les Halles avait été bâti à la fin du XIXe siècle, à l’emplacement du marais qui s’étendait entre la gare, inaugurée en 1864, et la vieille ville. Les dunes d’Aice Errota, les terrains autour du marécage appelé « Lacua » avaient été urbanisés au début du vingtième siècle. Après la démolition du vieil hôpital et le déplacement du Jeu de Paume, le quartier du Boulevard Thiers dit aussi de « La Pergola » était devenu un quartier sélect et animé avec son casino reconstruit en 1928, ses hôtels, ses restaurants et ses cafés ouverts presque toute la nuit. Le seuil de garantie fut continué en 1932 jusqu’à Sainte Barbe. L’urbanisation gagnait le nord de la commune, route de Bayonne, où venait d’être inaugurée le nouvel hôpital. Au-delà de la voie ferrée la zone d’Errepira (en basque : plaine inondable) fut lotie. En 1928, pour accueillir et renseigner les touristes de plus en plus nombreux, un coquet « Pavillon du Syndicat d’initiative » fut bâti à l’entrée de la ville. 
 
Malgré le développement du tourisme et du commerce, l’activité principale demeurait la pêche. L’arrivée des Espagnols réfugiés des guerres carlistes après 1873, l’utilisation des bateaux à vapeur à partir de 1885, la technique dite de la bolinche, avaient relancé la pêche à la sardine. Dès 1928 huit conserveries installées au quartier Errepira faisaient travailler une grande partie de la population féminine. 
 
En 1938 le port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure était le premier port sardinier de France, il fut le premier port thonier en 1959. A partir de 1950 les bancs de sardines se raréfiant la pêche au thon avait pris la relève, cent dix thoniers furent armés chaque année. En 1955 commença la première campagne d’hiver au large des côtes de la Mauritanie et du Sénégal. Cette pêche très lucrative amena un regain de l’activité portuaire. La pêche à la sardine reprit, en 1960, le long des côtes du Maroc, avec l’armement de quatre gros bateaux congélateurs.  
 
 
 
 
Port de st Jean de Luz 
 
 
 
Le déclin débuta en 1970, les bateaux basques restant à Dakar toute l’année avec des équipages sénégalais. Il s’accéléra avec le vieillissement de la flottille et les contraintes européennes pour protéger la ressource halieutique. Les conserveries purent être maintenues par l’apport du thon et de la sardine congelés du Sénégal et de Mauritanie, mais, elles fermèrent à la fin du XXe siècle.  
 
 
Dans la seconde moitié du XXe siècle, Saint-Jean-de-Luz s’étendit sur ses quartiers ruraux, avec la création de deux zones artisanales et industrielles, en 1967 et 1980, où s’installèrent de grosses entreprises comme « Surgitec », dans la zone de Layats, et « Quik silver » dans celle de « Jalday ». Après 1950, le développement du tourisme de masse amena la transformation du vallon d’Acotz en campings et hostellerie de plein air.  
A cette époque la population de la commune dépassait les dix mille habitants, le quartier d’« Urdazuri » fut aménagé sur les marais qui existaient encore le long de la Nivelle.  
 
 
 
 
Plage quartier Acotz 
 
 
Au dernier recensement de 1999 la population était de 13247 habitants. La municipalité a entrepris la création d’un nouveau quartier sur des terrains communaux situés à Karsinenia, au-delà de l’autoroute. Elle poursuit l’aménagement de la vaste zone industrielle de « Jalday », et l’embellissement de la ville. Le port a été complètement modernisé avec la mise aux normes européennes de la criée, qui est la seule sur la côte basco-landaise, et dont le chiffre d’affaires est aux alentours de quinze millions d’euros ; le plan d’eau a été aménagé avec des pontons d’accostage. La flottille a environ quarante bateaux dont quinze de plus de 20 mètres qui font la pêche au chalut, les vingt cinq autres étant des petits bateaux de plus de 12 mètres, polyvalents, certains étant équipés pour la pêche à l’algue rouge.  
En ce début du XXIe siècle, l’activité maritime, qui avait fait la richesse de la ville, continue d’être une part importante de son économie. 




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