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Lrd années 50 - Les racines du ciel, Romain Gary
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mimi33445
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Message Posté le : Ven 2 Oct - 15:04 (2009)    Sujet du message : Lrd années 50 - Les racines du ciel, Romain Gary Répondre en citant

 
 
Romain Gary 
 
 
"Lorsque j’entreprends un roman, c’est pour courir là où je ne suis pas, pour aller voir ce qui se passe chez les autres, pour me quitter, pour me réincarner" Roamin Gary 
 
En 1956, le prix Goncourt est décerné à Romain Gary pour "Les racines du ciel". Gary, qui après guerre a entamé une carrière diplomatique est en Bolivie. Il raconte : "A La Paz, on m’a prévenu que j’avais…le Nobel. [...] Entre les horloges de la Paz et celle de Paris, il y a un décalage de cinq heures…Je vais dans mon bureau. Deux minutes après, le correspondant de l’United Press, un Espagnol, entre et me saute au cou : "Monsieur l’Ambassadeur, je vous félicite. Vous avez le prix Nobel !". Puis il tire de sa poche un télégramme en anglais daté de la veille : "Question ambassadeur de France à la Paz pour premier prix concours. Prendre déclaration"…Juste à ce moment-là, la porte s’ouvrit de nouveau. Une brassée de 25 télégrammes arrivait de Paris" Gary comprend enfin qu’il a le Goncourt. (in Portrait interview de Paul Guth, "Le Figaro littéraire" du 22 décembre 1956). 
 
Dans cette deuxième décennie des années 50, les conflits africains sont omniprésents sur la scène internationale : revendications anticolonialistes de l'Afrique du Nord, révolte des Mau Mau , apartheid, pan-islamisme égyptien. L' Afrique apparait comme le continent des possibles ".. il y avait là comme dans chaque paysage africain, une place immense à prendre, une place illimitée et qui semble toujours suggérer quelque formidable désertion. Cela évoque irrésistiblement l'idée de quelque bête préhistorique à sa mesure aujourd'hui disparue, mais dont tout cet espace vide prit réclamer le retour" 
 
 
 
 
Romain Gary et sa femme Jean Seberg en 1961 sur le tournage des "oiseaux vont mourrir au Pérou"  
 
 
"Un Français, Morel, entreprend en Afrique une campagne pour la défense des éléphants, menacés de tous les côtés par les lois dites "inexorables" du progrès. Lors de la Conférence pour la Protection de la Faune (Congo, Bukavu, 1953) constate elle-même qu'il serait vain de vouloir imposer au public le respect de la nature uniquement par les méthodes légales", Morel ne craint pas de recourir aux armes. Aidé par quelques compagnons convaincus comme lui que le respect de la nature n'est pas incompatible avec les exigences du progrès, il prend le maquis contre la barbarie et la cruauté sous toutes ses formes, cependant que de tous les côtés des conspirateurs habiles essayent d'utiliser sa magnifique obsession et son apparente naïveté à leurs propres fins. Ridiculisé ou haï, accusé de préférer les bêtes aux hommes, traité de misanthrope et de nihiliste, trahi par les uns, aidé par quelques autres, exploité par un apprenti dictateur, et par des agitateurs politiques, le "Français fou" continue envers et contre tout à défendre les éléphants au risque de sa vie. Face à la haine raciale et religieuse, à la démagogie nationaliste, Morel poursuit sa campagne pour la protection de la nature, pour le respect de ce qu'il appelle "la marge humaine", quels que soient les systèmes, les doctrines et les idéologies de rencontre. D'aventure en aventure, d'avatar en avatar, il triomphe avec une tranquille confiance de toutes les déceptions et de toutes les ruses, persuadé que les hommes sont assez généreux pour accepter de s'encombrer des éléphants dans leur difficile marche en avant, et de ne pas céder à la tentation du totalitaire sans marge, de la fin qui justifie les moyens et du rendement absolu. Et peu à peu, une complicité souriante et amicale se forme autour de celui qui "ne sait pas désespérer" et de ces géants menacés, et des volontaires de tous les pays, de toutes les races et de toutes les opinions se rangent autour de cet aventurier de l'humain." (Romain Gary, Les racines du ciel, quatrième de couverture, édition de 1956.)" 
 
Pour Gary Morel, résistant contre la tentation de l’abandon et du désespoir, combat seul contre l’extermination des éléphants, affirmant ainsi sa nature humaine contre ce qui cherche à la nier : le totalitarisme la petitesse et l’adversité. "L'islam appelle cela "les racines du ciel", pour les indiens du Mexique, c'est l'arbre de vie" qui les pousse les uns vers les autres à tomber à genoux et à lever les yeux en frappant leur poitrine tourmentée. Un besoin de protection auquel les obstinés comme Morel cherchent à échapper par des pétitions, de comités de lutte et des syndicats de défense..." Les racines du ciel. 
 
 
 
 
Les racines du ciel, film de John Huston - 1958 - Trevor Howard, Errol Flynn 
 
 
Morel, à l'engagement contre le colonialisme et au combat nationaliste préfère limiter son action à la défense de la faune africaine, ce que lui reprocheront ses compagnons. Romain Gary a toujours affiché une grande méfiance face "à tous les géniaux pères des peuples". Il précise dans son avant propos "je tiens a dire ceci : mon livre traite du problème, essentiel pour nous, de la protection de la nature [...] Je ne vois guère comment on saurait laisser la responsabilité de cette oeuvre généreuse à ceux qui puisent leur force politique aux sources primitives de la haine raciale et religieuse et de la mystique tribale". Mais peu à peu le combat de Morel va être instrumentalisé par les partisans de l'indépendance, il finira par l'accepter considérant que Waîtari le leader indépendantiste veut l'indépendance pour que "les africains prennent eux mêmes en mains la protection de la nature, puisque malgré touts nos conférences nous n'y sommes pas parvenus..." A la fin Morel est quasiment l'otage des indépendantistes, qui décide même de l'exécuter, pour faire d'un personnage devenu encombrant un héros de l'indépendance. Mais Youssef le jeune militant chargé de l'exécution se prend d'amitié pour Morel et ils disparaissent tous deux dans la forêt. 
 
Mais si Gary se méfie des mouvements nationalistes, cela ne l'empêche pas de dénoncer le système colonial. Toute sa vie, écrivent Paul Audi et Jean-François Hangoüet, dans le Cahier de l'Herne consacré à Romain Gary, Gary se sera battu pour préserver tout ce qui, dans l’homme, échappe aux définitions que peuvent en donner les idéomaniaques de toutes provenances et de toutes obédiences".  
 
 
 
 
Raphael Matta , surveillant de la réserve de Bouna - 1958  
 
 
Raphaêl Matta, le double réel de Morel 
 
Un jour qu'il visitait le zoo de Vincennes, il apprit que 600 espèces de mammifères étaient en voie de disparition. Raphael Matta était alors agé de 30 ans et travaille dans une société d'import-export à Paris. Il renonce a sa vie parisienne pour prendre un travail de surveillant de la réserve de Bouna a 400 km de l'équateur en Côte d'Ivoire. 
 
Accompagné par sa femme Christiana, qui a Paris s'occupe de mode, Matta s'installe dans dans la réserve. Maigre, brun le regard perçant, il va vivre plus de 5 ans en pays lobi au milieu des bêtes 
 
Les Lobis, de farouches chasseurs, l'appelle "Kongo Massa", le Maître de la brousse. Mais pour eux hippopotames et antilopes sont source de viande, les dépouilles sont revendus comme trophée aux chasseurs, et les africains achètent très cher les organes sexuels des éléphants pour leur rites de fertilité.
 
Matta dispose seulement d'un second, Sogli, et de quatre gardes pour couvrir tout le territoire de la réserve. L'administration est plutôt encline à tolérer le braconnage des Lobis. Un nouveau comptage en 1958 révèle la disparition de 40 éléphants sur les 100 que comptaient la réserve deux ans plus tôt, Matta devient de plus en plus fanatique, il confisque les armes dans les villages, envoi des lettres incendiaires à ses supérieurs signées Raphael Matta député des éléphants devant le Parlement Mondial, se disant prêt à monter sur l'échafaud pour que vivent les éléphants. "Je suis tout-puissant parce que ma foi montera au-dessus des montagnes." ajoute-t-il 
 
Des Dioulas s'étant plaint à Matta d'un tort infligé par les Lobis, Matta se rendit immédiatement au village, accompagné par son second et quelques gardes noirs. Il arrive en pleine cérémonie d'initiation des jeunes guerriers, une cérémonie interdite aux étrangers. Les jeunes guerriers crient à la trahison Matta doit s'enfuir, son escorte n'interviendra pas. 
 
Il sera retrouvé mort, la tête fracassée et le corps lardé de flèches empoisonnées le 16 janvier 1959 
 
 
 
 
Raphael Matta , surveillant de la réserve de Bouna avec ses enfants - 1958 
 
 
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Romain Gary 
 
Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew (il a utilisé aussi les pseudonymes de Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat et Emile Ajar) est né Né le 8 mai 1914 à Wilna, à l’époque ville russe appartenant à l’empire tsariste. Il se définissait lui-même comme "un cosaque un peu tartare mâtiné de juif." En 1928, sa mère décide de l'emmener à Nice, en France. Romain Gary racontera plus tard, dans "La promesse de l'aube", cette adolescence niçoise. En 1940 il sert dans les Forces aériennes françaises libres autour du général de Gaulle. 
 
“De Gaulle c’était la faiblesse qui dit non à la force, c’était l’homme tout seul, dans sa faiblesse absolue, à Londres, disait non aux plus grandes puissances du monde, non à l’écrasement, non à la capitulation. C’était la situation même de l’homme, la condition même de l’homme, et ce refus de capituler, c’est à peu près la seule dignité à laquelle nous pouvons prétendre”. Romain Gary. Il termine la guerre comme compagnon de la Libération et commandeur de la Légion d'honneur. 
 
Après guerre , il entame une carrière de diplomate. À ce titre, il séjourne en Bulgarie, en Suisse, à New York (aux Nations Unies, 1952-54), en Bolivie, puis en qualité de Consul général de France à Los Angeles de 1957 à 1961, date à laquelle il se met en congé du ministère des Affaires étrangères. 
 
En 1961 il adapte au cinéma son livre "Les oiseaux vont mourir Pérou", il réalisera un second film en en 1972 "Kill". 
 
Il fut l'époux de l'écrivain britannique Lesley Blanch et de l'actrice américaine Jean Seberg, dont il divorça. Un peu plus d'un an après le suicide de celle-ci en septembre 1979, il se donne la mort en se tirant une balle dans la bouche laissant ce dernier mot : "Je me suis bien amusé. Au revoir et merci". 
 
Personnage aux multiples facettes, aux identités insaisissables il a publié 31 ouvrages de son vivant, plus un après a mort. Il est le seul écrivain a avoir obtenu deux fois le prix Goncourt à l’issue d’une supercherie littéraire. Le second prix ayant été obtenu sous le pseudonyme d’Emile Ajar, sous lequel il a écrit quatre livres, en en faisant endosser la paternité à son petit neveu Paul Pavlowitch. 
 
 
 
Les Racines du ciel
The Roots of Heaven
John Huston - 1958
Avec Errol Flynn, Juliette Gréco, Trevor Howard, Eddie Albert, Orson Welles...
 
 
 
On peut se demander pourquoi Huston, chasseur acharné, fervent de la tauromachie adapta le roman écologique de Gary. Juliette Gréco dans "Jujube" note "Peter Viertel a écrit sur Huston un petit livre, Le Chasseur blanc. C’est malgré tout à lui que l’on a demandé de mettre en scène Les Racines du ciel. Étrange situation que celle du chasseur qui doit mettre en images l’histoire d’un homme qui se bat pour la protection de l’espèce animale, contre l’extermination de la faune africaine et spécialement celle des éléphants… Il reste si peu de ces pauvres et splendides animaux traqués par les assassins mondains et fortunés que l’on est obligé d’envoyer une troisième équipe à leur recherche, bien loin des lieux du tournage. Ils grèveront de tout leur poids le budget, et cela ne sera que justice" 
 
Entièrement filmé en Afrique équatoriale française, le film connut un tournage difficile : la dysentrie frappe l'équipe à l'exception d'Errol Flynn et de John Huston, saouls la plupart du temps. C'est le dernier film d'Errol Flynn et sans doute pas le meilleur de Huston empêtré dans une distribution hétéroclite et un scénario trop bavard.. 













 


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Message Posté le : Ven 2 Oct - 15:04 (2009)    Sujet du message : Publicité

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