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La mode en Occident -
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mimi33445
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Message Posté le : Lun 2 Nov - 14:29 (2009)    Sujet du message : La mode en Occident - Répondre en citant

La mode au fil des siècles (partie 2) 
 
 
 XVIe siècle : le Siècle d'or de l'inconfort 
 
 
À partir du milieu du XVIe siècle, Réforme et Contre-réforme obligent, fini de rire ! La mode espagnole s'impose, avec toute sa sévérité et son inconfort. L'austérité est de mise, le noir prédomine et chasse le rouge. Les corps souffrent. 
 
 
 
 
 
Vers 1580 apparaissent les crinolines «à la française» et les «vertugadins» à l'italienne. Il s'agit de jupes bouffantes à armatures. Pour accentuer une silhouette en forme de sablier, la femme comprime qui plus est le haut de son corps dans des corsets à baleines. 
 
 
L'homme comme la femme se doivent de porter une fraise empesée et malcommode autour du cou. L'homme porte par ailleurs une culotte bouffante, garnie de crin ou de laine. Ses jambes ne sont plus protégées que par des chausses. Le pourpoint, toujours rembourré, est agrémenté d'une panse proéminente factice, le «panseron». 
 
 
Tout cela concourt à des silhouettes fières et droites, reflet d'une caste aristocratique imbue d'elle-même. 
 
 
 
 
 
Des effets de la mode sur la société et la nature 
 
L'apparition des corsets au XVIe siècle ne doit rien au hasard. En 1492, comme chacun sait, les Européens ont posé le pied sur le continent américain. Pour combler leur gourmandise, ils se sont empressés de développer des plantations de canne à sucre dans les régions tropicales de ce Nouveau Monde (au prix de la traite atlantique). 
 
 
Hélas, la gourmandise a un prix, l'obésité ! Et c'est afin de cacher leurs rondeurs et bourrelets que les dames de l'aristocratie ont adopté les corsets, si inconfortables fussent-ils ! On a appris très vite à fabriquer ces corsets à partir des fanons de baleines, d'où leur nom de «corsets à baleines». Il en a résulté le développement à grande échelle de la chasse à la baleine. Petites cause, grands effets... 
 
 
XVIIe siècle : les rubans du Soleil 
 
La mode se fait bientôt si exubérante que les souverains se croient obligés de sévir. Plusieurs édits somptuaires, sous les règnes d'Henri IV et Louis XIII, contraignent les bourgeois à plus de modestie. La laine regagne du terrain sur la soie. Sous le règne de Louis XIII, les élégants renoncent aux fraises du temps d'Henri IV et leur substituent un jabot, immense col carré plat, bordé de dentelle. Ce col disparaît sous le règne suivant, celui de Louis XIV, au profit des «lavallières», foulards de dentelles inventés par la première favorite royale, Louise de Lavallière, puis des cravates, plus simples mais ô combien difficiles à nouer, inspirées par le foulard des mercenaires croates. 
 
 
La mode pouvait-elle échapper à l'éclat du Roi-Soleil ? Dans une Cour où chaque détail est soumis à l'étiquette, le choix des étoffes est défini par les saisons : les fourrures ne doivent apparaître qu'à la Toussaint, plus de taffetas une fois l'été envolé. Louis XIV donne le ton en se couvrant de volants de dentelles et de boucles multicolores. Il gagne des centimètres en montant sur des talons et abandonne les chausses pour une culotte large, la «rhingrave», qui croule sous les rubans. 
 
 
Jusqu'à la fin du siècle, les perruques n'en finissent pas de gagner en volume. La mode en aurait été inaugurée par Louis XIII et développée par Louis XIV, l'un et l'autre soucieux de dissimuler leur calvitie. 
Par comparaison, le costume féminin apparaît presque terne, malgré les efforts des maîtresses royales pour rivaliser de créativité. Le corsage est toujours baleiné pour mettre en valeur le décolleté, les manches sont courtes, les jupes («la modeste», «la friponne» et enfin «la secrète») s'amoncellent. 
 
 
Un peu plus de poudre pour maquiller la crasse ? 
 
Jusqu'au XXe siècle, la blancheur de la peau était restée un critère essentiel de beauté dans nos sociétés. C'est pourquoi on s'ingénia à faire paraître pâles coquets et coquettes, en multipliant les crèmes et poudres et en jouant sur les contrastes. Ainsi apparurent les fards et rouges à lèvre, mais aussi, à la Renaissance, les mouches de taffetas ou de velours, grains de beauté artificiels censés dissimuler les traces de maladie. 
 
 
Le XVIIIe siècle s'en empare pour en faire un jeu de séduction : voici «la passionnée», appliquée au coin de l'œil, «la galante» qui s'étale au milieu de la joue, «la coquette» qui s'affiche au bord des lèvres ou encore «la provocante», à peine visible sur les seins... Et bien sûr, le maquillage s'accompagne toujours d'une bonne dose de parfum, pour atténuer les odeurs ! 
 
 
Les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués, notons-le, par une morgue aristocratique et des inégalités sans pareille. Aussi les classes sociales se distinguent-elles plus que jamais par la mode, l'apparence et la qualité de l'accoutrement : on repère au premier coup d'oeil un grand seigneur, un hobereau ou un modeste magistrat d'après la qualité de leur perruque ou de leurs vêtements... Et ne parlons pas des gens du peuple, qui donnent l'apparence de vivre sur une autre planète ! 
 
 
XVIIIe siècle : à bas la culotte ! 
 
Le siècle des Lumières est celui du raffinement et d'une simplicité retrouvée, sous l'influence anglaise. L'Europe copie les vêtements «à la française» c'est-à-dire, pour les femmes, une robe formée d'un corsage près du corps et d'une jupe qui recouvre plusieurs jupons ainsi qu'un «panier» destiné à élargir les hanches. 
 
 
Quel échafaudage ! 
 
Dès l'Égypte ancienne, on aime à couvrir sa tête de cheveux postiches pour mieux affirmer sa position sociale. Les riches Romaines passent elles aussi de longues heures à colorer, boucler et coiffer leurs cheveux pour pouvoir présenter de véritables sculptures capillaires. Après plusieurs siècles pendant lesquels on préfère mettre l'accent sur le chapeau ou le bonnet, Louis XIII remet la perruque à la mode pour dissimuler sa calvitie. Son successeur Louis XIV en fait un accessoire de distinction que tout courtisan doit adopter. 
 
Mais l'Histoire a surtout retenu les extravagants «poufs» de Marie-Antoinette et de son entourage : c'est ainsi que pour fêter une victoire maritime contre l'Angleterre, en 1778, les élégantes accrochent à leur pièce-montée chevelue une reproduction de la frégate La Belle-Poule ! Heureusement qu'un ingénieur inventa un système pour plier ces compositions et permettre à ces dames d'entrer dans les voitures... 
 
 
Pour leur confort, les nobles français adoptent vers 1725 la tenue des cavaliers anglais, le «riding-coat», dont nous ferons la redingote. Ils portent également dans les grandes occasions un habit composé d'un justaucorps, d'une veste longue et d'une culotte en soie qui descend au genou. Celle-ci finit par devenir le symbole de l'aristocratie auquel s'opposent la tenue sombre et sobre des bourgeois, tels les députés du tiers-état aux états généraux de 1789 mais aussi les pantalons de toile des «sans-culottes», les travailleurs manuels et artisans qui animeront les clubs politiques sous la Révolution. 
 
 
 
 
 
La Révolution, justement, s'épuise en cinq ans à peine. Sitôt Robespierre décapité, les survivants de la Terreur s'en donnent à cœur joie. «Muscadins», «incroyables» et «merveilleuses» se pavanent dans des tenues excentriques et, en ce qui concerne les femmes, généralement vaporeuses et très déshabillées, donnant à voir tous les charmes de l'anatomie. 
 
Paris, capitale européenne de la mode au XVIIIe siècle, retrouve son aura. Aux siècles précédents, le goût français se diffusait à l'ensemble des cours européennes par le biais de poupées habillées de costumes en réduction ! En 1797 est créé le premier magazine de mode : Le journal des dames et des modes. Jusqu'en 1830, il publiera tous les cinq jours des articles illustrés des modèles à suivre.  
 
 
En 1802, il utilise pour la première fois une hégérie de la mode pour promouvoir une nouvelle tenue : la délicieuse Juliette Récamier ! 
 
 
La reprise en main par Bonaparte consacre une nouvelle époque. Le style Empire délaisse perruques et frous-frous. Les femmes adoptent des robes aériennes et sages inspirées de l'Antiquité. En France comme dans le reste de l'Europe, l'on n'a plus d'yeux que pour la carrière des armes. Les officiers se pavanent dans des uniformes rutilants et ce goût de paraître perdurera jusqu'à la Grande Guerre (la boucherie des tranchées va lui porter un goût fatal et il n'y aura plus ensuite que les aviateurs et les marins pour cultiver le goût des beaux uniformes). 
 
 
XIXe siècle : Vive le coton ! 
 
 
Avec la chute de l'Empire, la Restauration et le triomphe de la Sainte-Alliance, voilà que débarquent sur le Continent de jeunes dandies, tel le célébrissime Georges Brummel, l'élégance faite homme. 
La mode masculine s'aligne désormais sur le modèle anglais - comme la mode féminine sur le modèle français -. Adieu culottes de soie et perruques d'Ancien Régime. Le pantalon et la redingote s'imposent : teintes assorties, vêtements bien coupés, fonctionnels et sobres. La classe, quoi ! 
 
 
 
 
 
Cela ne dure pas. Bientôt la bourgeoisie d'affaires s'empare du pouvoir, en France sous le règne de Louis-Philippe 1er, comme en Angleterre sous celui de Victoria et de son cher et sévère Albert. 
 
 
Aux siècles précédents, les bourgeois ne rêvaient que d'imiter le faste de la noblesse et de la monarchie ; désormais, c'est la bourgeoisie qui impose ses manières austères et économes. Les hommes de la haute société adoptent un uniforme de couleur sombre et de coupe stricte (costume complet : gilet, veston et pantalon). 
 
 
Les femmes, sous le règne de la bourgeoisie, perdent le peu de liberté que leur avait conservé l'Ancien Régime. Ce recul se traduit dans la mode : adieu les tenues vaporeuses du Directoire ; voici le retour des corsets et baleines qui emprisonnent le corps et les obligent à avoir recours fréquemment aux flacons de sel pour retrouver leurs esprits. 
 
 
 
 
 
La grande nouveauté vient de l'industrie : grâce à la mécanisation du secteur textile et au déferlement du coton, les tissus à motifs envahissent les grands magasins, nouveaux espaces de vente où se pressent coquettes et adeptes de la machine à coudre inventée en 1851. Il en faut en effet des longueurs de tissu pour couvrir la cage formée par la «crinoline», en vogue sous le Second Empire. Au moins cette jupe libère-t-elle les jambes à la différence des lourds jupons de la génération précédente ! 
 
En abaissant considérablement les coûts de production, la mécanisation et la révolution industrielle ont également pour conséquence de démocratiser la mode. Celle-ci élargit son emprise aux classes moyennes et les différences d'habillement entre la haute bourgeoisie et la petite bourgeoisie tendent à se réduire... 
 
 
 
 
 
Les grands couturiers en marche 
 
En 1858, l'«instituteur de la haute couture», Charles Worth, révolutionne le monde de la mode en offrant à sa clientèle de véritables défilés de modèles tout prêts, au cœur de beaux salons parisiens : la création de luxe est née. 
 
Le XXe siècle voit le triomphe de la haute couture française avec les noms de Paul Poiret et Coco Chanel, qui contribuent à libérer la femme, puis, après-guerre, de Christian Dior et son new look, Yves Saint-Laurent et Pierre Cardin ou plus récemment Jean-Paul Gaultier et Christian Lacroix. La mode devient un véritable art marqué par des talents forts, tout en restant une industrie avec ses réseaux de diffusion, ses gammes de produits dérivés et ses campagnes de publicité. 
 
 
 
 
 
XXe siècle : de la grisette à la punkette 
 
 
La «Belle Époque» (1900-1914) porte bien son nom dans le domaine de la mode puisqu'elle voit les femmes de la bourgeoisie multiplier les commandes auprès de leurs couturières, aidées par les petites grisettes. Paris, qui entre dans le XXe siècle avec la prestigieuse exposition internationale de 1900, devient la capitale mondiale de la mode. De Manaus (Brésil) à Saint-Pétersbourg (Russie), on ne jure que par le chic parisien. 
 
 
Mais un changement se fait jour avec la vogue de la bicyclette et du sport (c'est la renaissance des Jeux Olympiques) : les femmes de la bonne société se prennent de passion pour la «petite reine» et pour cela adoptent des tenues plus pratiques et plus légères, y compris le pantalon, longtemps réservé aux hommes. 
 
 
 
 
 
 
Après le choc de la Première Guerre mondiale, viennent les «Années folles» et la soif de liberté. La jupe courte «à la garçonne» a son heure de gloire mais elle est vite abandonnée... Il n'en va pas de même du soutien-gorge, une innovation tellement plus confortable que le corset d'antan ! 
 
 
Les femmes aspirent à une élégance longiligne, souple, qui épouse les formes. Les grands couturiers s'en donnent à coeur joie avant la parenthèse de 1940-1945 qui oblige les Françaises à déployer des miracles de débrouille avec des semelles de bois, des bas tracés au crayon et nombre de colifichets pour agrémenter les chapeaux. 
 
 
Robes mini des années 60, pantalons pattes d'éléphant à fleurs et blousons cloutés des années 70 traduisent le désir de changement de la jeune génération. La mode, désormais, n'est plus l'apanage des salons parisiens mais se conçoit aussi bien à l'autre bout du monde que dans la rue. 


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Message Posté le : Lun 2 Nov - 14:29 (2009)    Sujet du message : Publicité

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