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Années 50 - Des bidonvilles aux portes de Paris
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mimi33445
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Message Posté le : Sam 5 Déc - 15:17 (2009)    Sujet du message : Années 50 - Des bidonvilles aux portes de Paris Répondre en citant

 
 
un bidonville dans les années 50 
 
 
"Ce jour-là, je suis entré dans le malheur"  
Joseph Wresinski  
parlant de son arrivée dans le bidonville de Noisy le Grand” 
 
 
La France des années 1950, en pleine relance économique liée à la reconstruction de l’après-guerre a favorisé l'immigration des Portugais, des Espagnols et des Maghrébins afin de fournir une main d’œuvre bon marché notamment a l'industrie du bâtiment et à celle de de l’automobile. Ce flot de migrants venant s’ajouter à une population en mal de logement, du fait de la destruction de certaines cités et du niveau de pauvreté, n'a eu d’autre alternative que de s'installer dans des baraquements en périphérie des grandes villes. Les bidonvilles représentaient une solution de fortune, illégale mais tolérée. Des agglomérations de baraques, dans lesquelles les conditions de vie étaient particulièrement difficiles, venaient ainsi s’ajouter aux quartiers auto-construits de l’entre-deux-guerres. 
 
Parmi tous les bidonvilles, ceux de Nanterre et de Noisy-le-Grand furent les plus célèbres en périphérie de Paris. Celui de Nanterre, à une demi-heure de Paris s'est développé dans un quartier de baraques occupées par des de familles de chiffonniers parisiens depuis le début du siècle. A l’emplacement actuel de la faculté, se trouvait le bidonville de la Folie sur un terrain vague de 21 hectares.
 
 
 
 
 
Bidonville de Nanterre 
 
 
Sans eau courante, lieu de descentes de polices régulières et brutales, d'incendies, d'infestation de rats, le bidonville est fait de baraques en tôle et bois. Les rues sont étroites, la pluie les transforme en bourbier. 
 
 
"Des milliers de tôles enchevêtrées se mêlent à des briques cassées : La Folie. Des moutons broutent l'herbe alentour. Gravats et vieilles ferrailles traînent aux abords de cette étrange cité, reliquats des déchets déversés ici par des entreprises : une décharge publique ! Je contourne le bidonville. Je n'ose y pénétrer. Je suis une intruse. Par une sorte de boyau, je me faufile à l'intérieur de cette agglomération en papier goudronné et cartons aplatis, bouts de bois vermoulus et tôles rouillées. Situées derrière le palais de La Défense en construction luisant de blancheur, les baraques s'agrippent les unes aux autres dans un décor de débris de matériaux usés. Les chemins sont vides. Tout semble inerte. " Monique Hervo, La Folie, 1959 
 
Durant la guerre d'Algérie, Nanterre a été un bastion disputé, avec violence, par les organisations nationalistes algeriennes rivales MNA et FLN. A mesure que la guerre d'Algérie se durcit, la répression s’amplifie, représailles, incendie des habitations, racket, rafles et passages à tabac dans les commissariats, dont certains ne reviendront pas. La majorité des victimes de la manifestation du 17 octobre 1961 était des habitants des bidonvilles de la banlieue parisienne. "Théâtre de luttes fratricides entre FLN et MNA [Mouvement National Algérien], lieu sur lequel s’effectuaient de manière permanente les "descentes de police", avec leurs cortèges d’arrestations, ce "petit bout d’Algérie", qu’était le bidonville de Nanterre allait se trouver entraîné dans la guerre. La population du bidonville allait être soumise à la même répression qui avait été mise en œuvre au "pays" : une double police spéciale, outre la "brigade Z" — chargée de la répression ordinaire des "constructions illégales" — des forces supplétives "es harkis de Nanterre" (ou de Paris), recrutés spécialement à Alger pour aller mener la guerre en "Algérie immigrée" . Abdelmalek Sayad "Un Nanterre algérien, terre de bidonville" Les familles portugaises, ellee étaient sous la surveillance de la police politique de Salazar, la PIDE.
 
 
 
 
Bidonville un jour de pluie  
 
 
 
 
Bidonville de nanterre 1964  
 
 
En règle générale les migrants furent les principales victimes de pratiques souvent brutales et de situations d’affrontement culturel. En 1955 une directive du ministère de la Reconstruction et du Logement exposait : “Dans les bidonvilles, il faut veiller à limiter le nombre de lits par foyer de manière à éviter la constitution de véritables villages indigènes aux portes des agglomérations. Il faut recourir à la forme architecturale habituelle à la localité et non pas à celle du camp de baraquement dont l’aspect, insolite dans le paysage urbain, accentue le caractère de paria du migrant. La formule de la casbah avec patio et minaret, sans parler de la décoration intérieure “à l’orientale” est aussi insolite dans notre paysage occidental” 
 
Insalubre et dangereux pour la santé, le bidonville est aussi avilissant sur le plan social et marque négativement ses habitants. L’adresse en bidonville, reconnue valable pour certains documents et l’obtention de certains droits, ne l’est plus pour d’autres. Sur la carte de séjour et de travail, les préfectures indiquaient “absence de domiciliation", les autorités ne délivraient pas de certificat de domicile, indispensable aux familles se rendant en Algérie pour pouvoir rentrer en France ensuite, aux habitants des bidonvilles. 
 
 
La police était chargée d'éviter toute extension du bidonville. L’équipe de policiers, appelée selon les lieux “brigade Z”, brigade des démolisseurs ou brigade des casseurs, était composée de punis de la police, munis de masses ils parcouraient les ruelles en quête d’une construction à détruire. Les premières interven- tions de ces brigades datent du début des années soixante. et sont marquées du sceau de la brutalité : portes enfon- cées, vandalisation des affaires, brimades diverses : tas de terre devant les habitations, interdiction de commerces à l’intérieur du bidonville, pose de grillage, coupures d’eau, destruction des améliorations apportées aux baraques..."Une brigade spécialisée pour les bidonvilles a été constituée par le commissariat de la ville de Nanterre. C’est la brigade « Z » : nous l’appelons « la patrouille ». Cette brigade est constituée de six énormes bonhommes, vêtus de bleu et chaussés d’énormes bottes, pour mieux affronter la boue. […] ils sont armés d’énormes arrache-clous avec lesquels, d’un simple geste, ils décollent les toits des baraques.[…] Dès qu’ils sont annoncés à l’entrée du bidonville, une panique nous saisit. Ils débarquent au 102 […], progressent avec peine au milieu des allées étroites, s’arrêtent devant les baraques suspectes. D’un coup d’épaule, ils défoncent un mur. Un toit vole en l’air à l’arrache-clous. La baraque est décapitée." "Vivre au paradis" Brahim Benaïcha. 
 
 
La loi Debré dont l'objet était l'éradication des bidonvilles est votée le 14 décembre 1964. Mais la plupart du temps après la destruction d’un bidonville, les familles n’avaient pas d’autre ressource que d’aller s’installer dans d’autres taudis.  
 
 
 
 
Bidonville de Noisy - photos Bloncourt  
 
 
Gérald Bloncourt - Bidonville de Noisy le Grand  
 
 
"Toute mon oeuvre, tout mon travail, tout le feu de ma vie, toute ma violence, je les ai mis dans une direction à laquelle je n'ai jamais failli Dans cet Homme et dans son devenir. Dans ses luttes, ses souffrances, ses petites joies modestes, pures, ces morceaux de sourire qu'on rencontre au coin des taudis, ces mains calleuses, émouvantes... J'ai copié les milliers de visages de toutes les races, de toutes les joies, de toutes les peines Des dockers du Havre, aux mineurs de Trieux, de la Finlande à la Côte d'Azur, du métro aux gosses de mon quartier, de Moscou au Caucase des légendes, du métallo de Léningrad au Maître tapissier Lurçat, de l'exposition d'Arcueil au thème plus complexe sur la pollution des eaux, du Sahara aux tremblements de terre de l'Italie du Sud..."  
 
 
 
 
Bidonville de Nanterre - photos Pottier  
 
Jean Pottier Bidonvilles de Nanterre (1957-1963) 

 
 
"En 1956, j'ai découvert le bidonville de la rue de la Garenne en passant souvent en vélo dans cette rue. Je voyais des baraques en tôle, en bois protégées par de la toile goudronnée, des roulottes usagées, des bâtiments en parpaings. Les enfants jouaient dans cet univers, ils s'appropriaient les terrains, couraient, inventaient des histoires, des jeux. Les adultes s'occupaient aux affaires quotidiennes, ils allaient chercher de l'eau à l'unique fontaine dans un grand bidon de lait de 50 litres posé sur une remorque, souvent ils aménageaient leur logement, réparaient le toit... Je venais de temps en temps, les habitants étaient accueillants, ils acceptaient que je fasse des photos pour informer sur leurs conditions de vie" 
 
 
En 1966 une enquête officielle nationale donne les résultats suivants : Paris et sa banlieue avec 119 bidonvilles regroupe environ 4100 familles et 47000 personnes. Huit communes hébergent à elles seules les deux tiers de la population des bidonvilles : Champigny-sur-Marne, Nanterre, Saint-Denis, La Courneuve, Gennevilliers, Massy. L’enquête montre que les bidonvilles rassemblent majoritairement mais non exclusivement des habitants de nationalité étrangère : 42% de Maghrébins, 21% de Portugais, 6% d’Espagnols et 20% de Français parmi lesquels beaucoup habitent l’îlot de Noisy-le-grand (composé à 80% de Français).
 
 
Ce n'est qu'en 1970 que le gouvernement se décida a prendre des mesures concrètes. Jacques Chaban Delmas après une visite du bidonville d'Aubervilliers déclare : “J’ai pu constater des conditions d’existence insupportables et pourtant elles sont supportées par ceux qui les subissent (...),J’ai vu un bidonville le long d’un canal, à un endroit appelé “le chemin de halage”: dans la boue, avec les bruits incessants des pelles mécaniques qui creusent, des camions qui vont et viennent, en bref, un genre “Quai des brumes” mais sans Michèle Morgan... Il y avait là des centaines de familles : les hommes étaient au travail, il restait les femmes avec une multitude d’enfants (...). Il y avait longtemps que je n’avais pas vu un pareil spectacle”. 
 
Se mit alors en place une politique réelle resorbtion des bidonvilles. Les familles furent relogés en Cités de transit, conçues, au départ, comme une étape durant laquelle les familles sont accompagnées par une équipe socio-éducative qui cherche à favoriser leur "promotion" sociale, ce n’est, en fait, qu'en 1985, que disparait la dernière cité de transit. 
 
 
D'après Yvan Gastaut, "Les bidonvilles, lieux d’exclusion et de marginalité en France durant les trente glorieuses"  
 
 
 
 
L'abbé pierre en 1954 dans un bidonville parisien  







 




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Message Posté le : Sam 5 Déc - 15:17 (2009)    Sujet du message : Publicité

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